L’humanité, paralysée par sa démographie

Répondant à la question « Que percevez-vous aujourd’hui des relations entre la nature, la technique et l’homme ? Tensions, bouleversements, reconfigurations… », Claude Courty propose, pour les 23es Controverses de Marciac, une contribution intitulée « L’humanité est paralysée par sa démographie » qu’il complète d’une citation de Condorcet :  « Si les hommes ont des obligations, à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles et malheureux. »

L’humanité, paralysée par sa démographie

« Si partout dans le monde tous ces maux perdurent et s’amplifient, si le chômage et la pauvreté augmentent, si les inégalités sociales se creusent, si les revendications et les violences se multiplient, si le climat et l’environnement se dégradent chaque jour davantage, si les pires désordres qu’ait connu l’humanité s’annoncent, la raison première en est l’augmentation démesurée de la population mondiale, et cela est démontrable.

À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptait 7 milliards 20 siècles plus tard, dont 1 milliard et demi de pauvres profonds. L’homme a ainsi créé 5 fois plus de miséreux qu’il y avait d’êtres humains de toutes conditions sur Terre au début de son entreprise civilisatrice, quels que soient les bénéfices – au demeurant fort inégaux – que les autres aient pu en tirer.

Or, chaque jour 280 000 êtres humains supplémentaires déferlent sur la planète, soit plus de 100 millions chaque année, pour aggraver son pillage et ses conséquences, et leur nombre dépassera bientôt les 10 milliards.

Même si la transition démographique que certains promettent depuis trop longtemps finit par se manifester et s’étend au monde entier, nous consommons déjà le double de ce que la Terre peut nous offrir (et il ne s’agit pas seulement d’agriculture). Il devient donc plus qu’urgent que les experts de toutes sortes, que les responsables politiques, religieux et scientifiques, de tous niveaux, dans tous les domaines, et que toutes les bonnes volontés dépassent leur vision surannée ou doctrinaire de la société. Sans oublier leurs conceptions parcellaires de l’économie et de l’écologie, ramenées aux seuls climat, énergie, pollutions et autres ressources alimentaires, qui ne sauraient dissimuler l’essentiel, à savoir le fait démographique.

La survie de notre civilisation et peut-être même celle de l’humanité dépendent de l’ajustement du nombre des humains à ce qu’il reste de la capacité de leur habitat à les faire vivre. C’est la voie incontournable de leur salut et elle est réelle, quelques générations pouvant suffire à revenir – par une simple dénatalité respectueuse de la dignité humaine* – à une population qui chaque jour angoisse un peu plus et devient moins gouvernable. Certes, d’autres problèmes surgiront, tels que le vieillissement de cette population, mais eux seront passagers aussi difficiles qu’ils puissent être à surmonter. »

https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com

* Par l’éducation et l’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés, afin de les encourager et les aider à réduire leurs taux de natalité, partout où ils aggravent leur propre misère avant de la faire partager au reste de la planète. J’exclus donc tout recours à la force et même à la contrainte (contraception voire stérilisation imposée, par exemple).

14 thoughts on “L’humanité, paralysée par sa démographie

  1. Jean-Pierre Bernajuzan

    À suivre son raisonnement, au lieu de contraindre à la stérilisation forcée, on pourrait « éliminer » les vieux pour faire de la place aux jeunes ! Dans l’accroissement de la population mondiale, il y a l’allongement de la vie qui, je pense, doit représenter la moitié de cet accroissement depuis deux siècles… Supprimons les retraités ! (j’en suis)
    Ce contributeur a peur… des autres, mais pas de ce qu’il représente lui-même.

    De nombreux pays développés voient leur population diminuer, ce sont les pays non encore développés qui continuent à croître, quoique en diminuant. Plus on se développe et plus on réduit son taux démographique. Or pour se développer, il faut que tous accèdent à l’éducation, il faut que tous participent au développement Mais on n’accepte plus les politiques égalitaires, la relance des inégalités empêche les plus pauvres d’y accéder et gardent donc un taux démographique élevé.
    C’est l’égalité sociale qui fait défaut.

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    1. Sylvie Berthier Post author

      Merci Jean-Pierre pour votre commentaire. Mais je ne pense pas que le contributeur préconise d’éliminer les « vieux ». Nous ne sommes pas dans Soleil Vert… Il parle bien de solutions éthiques.

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      1. Jean-Pierre Bernajuzan

        Certes, j’ai pris des raccourcis et j’ai accordé à l’auteur des propos qu’il n’avait pas tenus… explicitement. Mais le fond de son propos est bien celui-là : sa peur de la peur démographique. Bien-sûr, il prend des précautions oratoires pour respecter apparemment l’humanisme. Mais il fait des propositions, à étudier, pour réduire la natalité : natalité qui lui semble le problème majeur… mais pas celui du vieillissement « qui surgira », alors que le vieillissement est déjà là !

        Il perçoit le problème de la natalité, c’est à dire celui de ceux qui vont le concurrencer, lui, le vieux. Il ne remet absolument pas en cause le fait que les vieux tels que lui (ou moi) prennent toute la place, ou de plus en plus de place.
        Il demande que l’on prenne des mesures pour résoudre le problème :

        « Il devient donc plus qu’urgent que les experts de toutes sortes, que les responsables politiques, religieux et scientifiques, de tous niveaux, dans tous les domaines, et que toutes les bonnes volontés dépassent leur vision surannée ou doctrinaire de la société. Sans oublier leurs conceptions parcellaires de l’économie et de l’écologie, ramenées aux seuls climat, énergie, pollutions et autres ressources alimentaires, qui ne sauraient dissimuler l’essentiel, à savoir le fait démographique. »

        Demande-t-il une euthanasie des vieux tels que lui ? Non bien-sûr, il demande qu’on empêche les bébés de venir lui demander de débarrasser le plancher pour leur laisser la place !
        Il ne demande certainement pas d’éliminer les vieux, il demande seulement qu’on empêche les enfants de naître pour laisser toute leur place aux vieux. De son point de vue de vieux, tout le problème est là.

        Finalement, je persiste : ce point de vue exprime un égoïsme de vieux, reportant sur les autres le problème que son propre vieillissement provoque, et qui le panique.

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  2. Claude COURTY

    À Jean-Pierre, bonjour

    La controverse est un exercice délicat, en cela que nous sommes tous portés à privilégier nos sentiments et nos habitudes, au détriment des faits et des changements qu’ils nous imposent. C’est probablement le cas lorsque vous m’accuser de vouloir l’extermination du surnombre pour résoudre un problème de surpopulation, alors qu’il s’agit dans mon propos de procéder par dénatalité. De même que je précis que celle-ci doit se produire dans le respect de la dignité humaine (plus généralement de l’éthique). Par ailleurs :

    – Concernant les pays dont la population décroît, ils ne sont pas nombreux, contrairement à ce que vous affirmez. Ils sont 25 sur 230 selon l’ONU*, pour la période 2005 à 2010, et encore faut-il préciser la faiblesse de cette décroissance (-0,01% Cuba, -0,02% Japon, -0,07% Allemagne, -0,51% Russie) et le fait qu’elle aient essentiellement lieu dans des pays avancés ; Ce qui soulève d’ailleurs un problème de première importance, puisqu’une réduction de la population des pays avancés les prive d’une partie de leurs moyens, précisément au moment où les pays nécessiteux en ont et en auront le plus besoin. Et ce n’est pas le flux migratoire auquel nous assistons, avec ses tragédies inhumaines, qui pallieront cette perte de moyens, leur effectif étant dans son immense majorité dépourvu des compétences requises.

    – Quant à l’effet de l’augmentation de notre durée de vie sur l’accroissement démographique, s’il n’est pas négligeable, il est très faible, comparé à celui de notre fécondité se traduisant par des taux de natalité dépassant 8% dans certains pays , comparables à celui de 2,1% propre à assurer le renouvellement de la population. Il nous faudra d’ailleurs faire mieux, puisqu’à l’époque où nous vivons nous consommons déjà près du double de ce que la planète nous offre, bien que outre l’augmentation de notre durée de vie, ceci aura pour conséquence le vieillissement de la population et la mise en cause des retraites, donc sur les conditions de travail et d’existence des futures générations, sachant là encore que ces problèmes seront passagers, à la différence d’une prolifération ininterrompue depuis des millénaires.

    – Pour ce qui est de réagir par peur, qui a peur de quoi ? Celui qui se soucie du sort promis à une descendance qu’il a pris la responsabilité de faire naître, alors qu’il est lui-même assuré par son âge d’y échapper, ou tous ceux qui – jeunes ou vieux – n’osent pas regarder la vérité en face ? Laquelle vérité pourrait d’ailleurs se ramener ici à une question : À quoi servira d’assurer l’alimentation des hommes si leur surnombre les condamne à mourir de soif ou d’asphyxie, faute d’eau potable en quantité suffisante, ou d’un air devenant chaque jour moins respirable ? Et quand j’évoque cet air irrespirable, il ne s’agit pas seulement de celui des villes où la circulation des véhicules est réglementée, depuis des décennies pour certaines, mais aussi des campagnes. À titre d’exemple, je puis citer le cas d’un homme vivant à une dizaine de km d’une agglomération peu industrialisée, au bord de l’océan, et pourtant atteint de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), affection respiratoire irréversible dont sont frappés 3 à 3,5 millions de Français (qui ne sont pas tous fumeurs).
    – enfin, concernant l’égalité sociale, la structure incontournablement pyramidale de la société des hommes en fait un mythe dont il serait trop long de débattre ici et au sujet duquel je ne peux que vous renvoyer à mon blog : https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com

    * https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_et_territoires_par_taux_de_croissance_d%C3%A9mographique

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    1. Jean-Pierre Bernajuzan

      Je vous entends bien Claude, mais une fois que vous avez dit « qu’il faut maîtriser la démographie », comment faites-vous ? Qui, quelle population allez-vous réduire et comment ? De manière éthique bien entendu ! Qui décide et pour qui ?
      On en revient toujours à cette question.

      La maîtrise de la démographie se réalise par l’éducation des femmes : c’est donc par là qu’il faut commencer. Historiquement, ça s’est toujours passé ainsi.
      Et pour ce faire, il faut développer l’alphabétisation et l’instruction des femmes : celles d’entre-elles qui ont le plus d’enfants sont celles qui ne sont pas alphabétisées. Mais pour cela il investir dans l’éducation (instruction) : c’est ce que j’appelle « égalité sociale ».
      Voici un article du Monde-Afrique qui donne des indications concrètes pour une action efficace :
      http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/14/c-est-aux-femmes-africaines-de-decider-combien-elles-veulent-d-enfants-quand-et-avec-qui_5160788_3212.html

      En dehors de ce processus, seule la Chine a obtenu la maîtrise de son taux démographique, mais de manière contraignante, pas éthique du tout.
      Étant donné que vous ne donnez pas la marche à suivre pour les objectifs que vous jugez primordiaux (que je partage), vous vous situez dans le camp de la Chine, mais sans l’assumer.
      De la manière dont vous posez le problème, il n’y a pas d’issue. Je maintiens donc mes critiques.

      Bien à vous.

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  3. Jean-Pierre Bernajuzan

    J’ai oublié de dire que si nous vivions deux fois moins longtemps, nous serions deux fois moins nombreux (à vérifier). D’autant plus que les vieux cessent d’être productifs et sont à la charge des autres. Voici donc un vieux qui s’angoisse de la naissance des enfants… qui vont le prendre en charge !!! Cela lui paraît « le » problème ! Mais pas celui du fait qu’il est à la charge, lui, des actifs, jeunes donc.

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  4. Claude Courty

    Je note que nous sommes presque d’accord sur un point : la dénatalité passe par l’éducation (et pas seulement des femmes). Et une lueur d’espoir existe d’ailleurs puisque là où des ONG visant la maîtrise de la natalité apportent leur aide en ce sens à la population, par l’éducation, le planning familial en étant une des formes, les taux de natalité peuvent baisser dans un mesure significative, y compris dans certains pays d’Afrique. Ce qui fait penser que contrairement à ce que laisse entendre l’article que vous citez, les femmes africaines peuvent aussi être heureuses de ne pas être mères de ribambelles de malheureux.

    Je note aussi que vous persistez dans votre erreur consistant à penser que SI l’être humain vivait moins, sa population serait moindre, alors qu’il est évident que ce facteur ne peut avoir un effet régulateur que temporaire, sans rapport avec l’incidence des taux de natalités. D’ailleurs, comment quelqu’un comme vous peut-il seulement envisager de raccourcir la durée de vie de l’être humain de moitié ?

    J’ai par ailleurs exprimé que je suis parfaitement conscient des gros problèmes que posera le vieillissement de la population. Mais il est peut-être bon de rappeler que ce sera pour beaucoup dû au fait que l’homme refuse majoritairement d’assumer son vieillissement, en n’acceptant notamment pas de travailler plus longtemps alors qu’il vit beaucoup plus vieux. Si je vous suivais sur le terrain des cas personnels, peut-être pourrais-je à mon tour vous accuser de réagir par peur de voir baisser le montant de votre retraite ?

    Ce que je ne ferai pas, considérant ce dialogue comme parfaitement stérile, dès lors que vous persistez sommairement à le ramener à un cas particulier, alors que ni vous ni moi ne serons plus là pour apprécier les effets de la surpopulation. Peut-on parler d’autre chose quand nous sommes certains que plus de 11 milliards d’êtres humains peupleront la planète au début du siècle prochain. (Les hommes à eux seuls puisque les autres espèces seront en voie de disparition d’ores et déjà acquise à plus de (50 %) ; et à condition que l’espèce dure jusque là.

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  5. Tanguy MARTIN

    Bonjour,
    belle accroche en effet pour une controverse que l’approche malthusienne qui fait débat depuis bien longtemps. Sans m’étaler et pour essayer de réfléchir ensemble sans forcément être d’accord, le cœur de votre contribution est le « et cela peut se prouver ». C’est ce raisonnement qu’il conviendrait d’expliciter pour pouvoir en débattre.
    Pour ma part, je pense que la démographie est une cause et non une conséquence de la misère générée par les multiples oppressions et inégalités mondiales. Eve Fouilleux rappelait, il y a peu à Marciac qu’il y avait bien assez pour nourrir l’humanité aujourd’hui et certainement demain et que la question était plus celle d’une justice alimentaire, que celle d’un contrôle des natalités.
    Il y a certes un rétrocontrôle négatif de l’évolution de la démographie mondiale sur les conditions sociales et démocratique, mais elle ne me parait pas être une des leviers directs d’action. Pire, les politiques dénatalistes me semble très difficilement possibles dans le respect des droits humains. L’approche de gestion des ressources naturelles en « communs », me parait bien plus féconde et porteuse d’espoir.
    Salutations respectueuses,
    Tanguy Martin

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    1. Jean-Pierre Bernajuzan

      Bonjour Tanguy,

      encore une fois, il faut resituer le problème démographique dans son histoire.
      Le très grand nombre d’enfants que les femmes avaient dans le passé répondaient au besoin que quelques uns survivent eu égard à la mortalité infantile très élevée.
      Les progrès de la science occidentale ont fait chuté cette mortalité infantile de manière drastique. Progressivement, les populations se sont adaptées et ont réduit le nombre d’enfants que leurs femmes mettaient au monde. Cette adaptation se réalise en étant en phase avec l’évolution en question.
      Le problème de la croissance démographique est devenu extrêmement préoccupant par le fait que les progrès scientifiques occidentaux se sont appliqués à des populations qui ne vivaient pas dans la culture occidentale, et continuaient donc selon leurs cultures propres. Il faut un laps de temps pour que les populations s’adaptent à la nouvelle donne. Mais dans ces populations accédant au progrès scientifique occidental, certaines catégories sont à même d’en apprécier les donnant et aboutissants immédiatement, tandis que d’autres n’ont pas accès à cette information, cette formation, cette culture. Et ce sont ceux-là qui prolongent le comportement antérieur.

      Dans les sociétés ancestrales, l’éducation se réalisait dans et par la communauté dans laquelle on vivait. Ces sociétés ancestrales ne possèdent pas les connaissances du monde contemporain, elles doivent être enseignées par le système éducatif et médiatique des États modernes. C’est ici, sur ce point, que l’on a failli. On, c’est à dire : nous États modernes, les nouveaux États indépendants, les institutions internationales…
      La question fondamentale est celle de la socialisation de l’ensemble des populations dans la culture et les conditions du monde contemporain.
      Égalité encore !

      Cordialement.

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    2. Claude Courty

      Bonjour Tanguy. J’ajoute mes remerciements à ceux de Sylvie pour votre interessante intervention et vous apporte, comme vous le souhaiter, du grain à moudre.

      Mais avant cela pardon, si vous voulez bien me relire, je n’ai pas écrit “cela se prouve” mais plus raisonnablement “cela est démontrable”. La différence est énorme, la démonstration n‘apportant pas une preuve mais se contentant de structurer une hypothèse.
      J’ajoute que je partage votre point de vue, selon lequel « la démographie est une cause et non une conséquence de la misère générée par les multiples oppressions et inégalités mondiales. » et c’est même l’une des idées force de mon raisonnement.

      Ceci dit, l’hypothèse en question part de deux constats :
      1° Celui que je rappelle ci-après :
      « À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptait 7 milliards 20 siècles plus tard, dont 1 milliard et demi de pauvres profonds. L’homme a ainsi créé 5 fois plus de miséreux qu’il y avait d’êtres humains de toutes conditions sur Terre au début de son entreprise civilisatrice, quels que soient les bénéfices – au demeurant fort inégaux – que les autres aient pu en tirer.
      Chaque jour 280 000 êtres humains supplémentaires déferlent sur la planète, soit plus de 100 millions chaque année.
      2° Les experts accordent généralement peu d’attention à la relation pourtant étroite existant entre démographie, économie et environnement ; ou au mieux l’appréhendent dans un conformisme empêchant d’en tirer pleinement les conséquences. j’ai donc tenté de le faire – sans prétention scientifique ni le moindre ésotérisme – à partir du caractère fondamentalement pyramidal de la structure de la société.

      C’est ce qui me permet de présenter une théorie (qui comme toute théorie est sujette à controverse) bâtie à l’aide d’une méthodologie qu’il serait trop long de détailler ici mais qui prend en compte les observations suivantes, de portée mondiale, ce qui à l’époque de la globalisation telle que nous la vivons peut ne pas sembler aberrant. Je cite en vrac et de manière non exhaustive :
      – Richesse et pauvreté existent l’une par l’autre.
      – Chacun est le riche ou le pauvre de plus pauvre ou de plus riche que lui.
      – L’ hérédité sociale est tout autant prégnante que l’hérédité biologique, l’une et l’autre conditionnant l’existence de tout individu, en particulier à sa naissance.
      – Une infime minorité d’êtres humains échappe à son hérédité sociale (déclassement).
      – Contrairement à l’idée communément admise, c’est le progrès scientifiques et technique, et non les luttes sociales, qui ont procuré l’essentiel de l’amélioration de notre niveau de vie, que beaucoup confondent avec progrès social.
      – l’être humain se caractérise par son désir, jamais assouvi, d’améliorer sa condition.
      – La dimension de l’être humain est avant tout d’ordre économique et fait de chacun une unité de production/consommation, contribuant au progrès et à l’enrichissement de la société, dans une mesure d’autant plus forte que la population est nombreuse et les outils techniques et scientifiques à sa disposition, performants.
      . Etc.

      Une arithmétique élémentaire constate par ailleurs que dans la relativité de la condition humaine, la population se répartit immuablement, au sein de la pyramide sociale, en 70 % de pauvres, 24,3 % de représentants des classes moyennes, et 3,7 de riches.

      Compte tenu de ce qui précède, la pyramide sociale n’a pas cessé de grossir depuis que l’homme existe, et la société de s’enrichir (quelles que soient les conditions du partage des richesses).

      Il en résulte que la distance entre la base et le sommet de la pyramide sociale n’ayant cessé de croître, les écarts de richesse et les inégalités qu’ils expriment se creusent d’autant. La population ne cessant d’augmenter et la société de s’enrichir, ce mécanisme ne peut que perdurer. Le seul moyen d’en interrompre les effets sociaux et environnementaux, semble donc résider dans un rééquilibrage de la pyramide sociale, par réduction de la population ; la dénatalité rendant possible l’atteinte de cet objectif dans le respect de l’éthique, sans interrompre le progrès scientifique et technique.

      Bien entendu, il s’agit d’un résumé, réducteur par nature et passant sous silence de nombreux aspects de la question, bien que je doive m’excuser d’avoir été un peu long.

      Un “Précis de Pyramidologie sociale” est en cours de finalisation et devrait être bientôt disponible.

      Cordialement

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      1. Ines

        Bonjour,

        Les points qui sont portés ici à réflexion me semblent assez basico-basiques, si vous me permettez l’expression.
        Population qui s’accroît sans « espoir » d’accalmie, pauvreté engendrée par le surnombre de cette société de fourmis, …

        La piste de réflexion qui est principalement discutée ici (réduire le nombre réduirait les problèmes) ne me semble pas beaucoup plus exceptionnelle d’inventivité : sur fond de pyramide sociale et de société économique dont chacun fait partie à son échelle, on explique que ce cadre est immuable et par conséquent qu’une seule approche est possible (réduire pour réduire).

        Au final, ça ne résout aucun problème. La seule proposition étant de réduire l’écart, réduire la quantité (mais pas la proportion) de pauvres.
        A moins, bien sûr, que le seul problème considéré soit la quantité et non la part.

        De mon point de vue, SI le souhait formulé est de résoudre les problèmes socio-économiques engendrés par ce cadre prétendu immuable (puisqu’on ne semble pas imaginer le remettre en cause) alors c’est justement à imaginer un autre cadre qu’il faudrait s’atteler.

        Le phénomène de la hiérarchie exploitant-exploité-exploitant (on est tous l’un de l’autre et vice-versa) qui est présente au sein du plus petit groupe de travail jusqu’aux interactions entre Etats et qui est un des piliers de notre modèle de société de production-consommation montre que c’est au cadre qu’il faut s’intéresser et non à l’un de ses effets (démographie engendrant ceci ou cela).

        Dans le fond, il est question de condition humaine et, vous l’avez dit, ce qui distingue l’Homme est sa soif jamais éteinte de confort, de bien-être.
        Qu’est-ce qui empêche d’essayer de réfléchir sur un autre modèle ? Peut-être parce qu’on imagine que ce qu’on connaît ?

        Actuellement nous monnayons ce que nous produisons avec les ressources naturelles de notre planète. Or, échanges commerciaux ou non, ces ressources existent.
        C’est notre modèle de société qui génère des pauvres, parce que comme très justement dit elle gère aussi des riches. Ce n’est pas notre démographie.

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